Récit Coranique: Episode 6: Les gens du fossé (Suite)

Publié le par Mohammed Nadhir

Au nom d’Allah le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux, Seigneur de l’Univers et que Ses grâces et Sa paix soient accordées à Son Messager.

 

Nous avons parlé hier des gens du fossé et du prêtre dont l’histoire est mentionnée dans la sourate Al-Bourouj (Les Constellations). Nous avons également fait allusion au sorcier dont toute la tâche consistait à convaincre les gens d'accepter la tyrannie du roi, ce roi qui s’était investi du pouvoir d’un dieu.

 

Ce pays où notre histoire s'est déroulée, connaissait deux problèmes majeurs. L'oppression que subissait le peuple par le roi et les gens qui ne croyaient pas en un Dieu vrai et unique. 

 

Le seul à connaître la vérité de cette situation était un prêtre, lui-même poursuivi par le roi qui avait promis une récompense à celui qui le lui livrerait. Le prêtre vivait isolé et cherchait un jeune homme de la nouvelle génération pour lui communiquer sa science et lui révéler la Vérité qu’il connaissait. Tout comme le sorcier du roi qui cherchait quelqu’un qui pourrait le remplacer un jour. Le pari était : qui aurait plus de pouvoir et d'influence sur la nouvelle génération.

 

A ce propos, je me demande également ce qui attire la nouvelle génération de nos jours. Les vidéoclips, les films osés, la débauche ou bien la bonne compagnie et la réforme quels que soient les sacrifices pour y arriver.

 

Ainsi, dans ce récit que le Prophète (bpsl) nous fait, le héros n'est qu'un adolescent. Il est le personnage le plus important dans l’histoire et il représente la nouvelle génération.

 

Nous devons savoir quel était l’objectif du Prophète (bpsl) lorsqu’il a raconté ce récit et pourquoi le Coran en parle. Ce sont des messages pour toute la Oumma qui disent “Fixez-vous un objectif”; “Vivez pour la vérité”; “Coopérez avec les gens honnêtes et non pas les tyrans” et encore “Faites face à l’injustice” sans violence mais avec sagesse et fermeté; "La vie est courte, il n'est point concevable qu'on la vive humilié.” 

 

Le héros de notre histoire est un adolescent dont le Prophète (bpsl) a volontairement omis de citer le nom, car ce qui importait pour le Prophète c'était la conception de cet adolescent. D'autres messages nous apprennent que les médias peuvent être tout aussi bien positifs que négatifs.

 

Nous nous sommes arrêtés hier à l’endroit du récit où le jeune garçon se tenait devant une bête qui barrait aux gens la route menant au puits. Il avait commencé à connaître la vérité et il était indécis, ne sachant qui suivre : le prêtre isolé et traqué, ou le puissant sorcier. En suivant le sorcier, il deviendrait le favori du roi et son avenir serait assuré. Il prit une pierre et la jeta sur la bête en se disant : “Aujourd’hui, je saurai qui est mieux aimé par Allah, le prêtre ou le sorcier.” La pierre tomba dans la gueule de la bête qui succomba aussitôt. Un miracle octroyé au jeune homme que les gens prirent pour un sorcier. L'adolescent heureux et plein de foi en Allah courut vers le prêtre qui lui fit savoir qu’il était maintenant plus savant que lui-même et qu’il allait être éprouvé puisqu’il avait connu la vérité. Il lui demanda également de ne le dénoncer sous aucune circonstance.

 

L'adolescent avait maintenant dépassé la phase d’entraînement que Allah lui avait procurée, il devait passer à l’action. Il devait confronter le roi tout seul et il allait triompher de lui. Il allait bannir la tyrannie et tout le pays allait reconnaître la Puissance Divine. 

 

De même vous devez vous demander quels sont vos objectifs dans la vie. Cherchez-vous juste à manger, dormir, vous marier avoir des enfants et mourir ? Non, il faut vivre pour la Oumma, pour essayer d'améliorer l’univers. Vous avez été créés dans ce but puisque Allah dit : “Lorsque Ton Seigneur confia aux Anges: «Je vais établir sur la terre un vicaire «Khalifa»…” [1] Tous ceux qui ont eu une influence sur leur entourage ont agi ainsi et personne ne doit se sous-estimer puisque le héros de notre histoire n’avait que quinze ans. Ne passez pas votre vie à rechercher des relations romantiques et à écouter des chansons. Fixez-vous un objectif sérieux, pensez aux autres Musulmans.

 

La bataille que devait mener cet adolescent était loin d'être facile; il devait faire ressusciter la foi chez ses compatriotes, les aider à affronter le roi et à surmonter leur crainte et surtout à démêler les stratagèmes du sorcier. Il devait arrêter la propagande néfaste du sorcier et la remplacer par une autre plus constructive. Comment allait-il procéder ?

 

Tout d’abord, il chercha à gagner la sympathie et la confiance des gens en vivant parmi eux et en les aidant au besoin. Ensuite, il allait s’opposer au roi, prêt à mourir à condition que le Bien triomphe. C’était là le plan de l’adolescent.

 

Ce que je dis requiert un effort illimité, mais je ne fais que répéter les paroles du Prophète (bpsl). J’aimerais aussi vous demander quelle était à votre avis, la meilleure prise de position, était-ce celle du prêtre ou celle de l’adolescent ? Il est indubitable que c’était celle du prêtre qui avait révélé la Vérité à l’adolescent mais en même temps, il s’était retiré et n’avait pas voulu faire face au problème.

 

Cet adolescent loin d'avoir une réaction agressive contre la violence et le despotisme du roi, a eu recours à la sagesse enveloppée d'une certaine fermeté. 

Ainsi doivent agir les jeunes gens de nos jours, parce que c’est le premier pas vers la renaissance de notre Oumma. Maintenant que j’enregistre cette série d’épisodes en Europe, je rappelle aux jeunes Musulmans de ces pays de s'abstenir de commettre des actes violents que ce soit dans les pays hôtes ou dans leurs pays d’origine.

 

Le Prophète (bpsl) poursuit son récit : " Cet adolescent se donna tant de peine en essayant d'aider les gens et de les guérir de leurs maux qu’il parvint à réaliser des miracles chez les lépreux et les aveugles. Le seul à avoir rapidement compris que cela n’était pas de la magie, était le sorcier lui-même, mais il devait garder le silence pour ne pas s'attirer des problèmes.

 

A la question du roi, l'adolescent répliqua qu'il n'avait plus besoin de se rendre chez le sorcier car il avait assimilé toute sa science. Le roi s’en réjouit et pensa qu’à présent, il pouvait se débarrasser du sorcier. Ce dernier, le devina et s’échappa sur le champ. Ainsi cessa le pouvoir de la sorcellerie dans ce pays.

 

Notre adolescent chercha quelqu’un qui l'aide à s'introduire à la cour du roi. Il trouva un aveugle qui était toujours en compagnie du roi et auquel il insinua qu’il pouvait guérir sa cécité. 

 

L’aveugle vint voir l'adolescent chargé de présents et lui dit qu’ils étaient tous à lui s’il parvenait à lui rendre la vue. L'adolescent répondit qu’il n’avait aucun pouvoir et que le mérite en revenait uniquement à Allah. Il dit encore à l’homme qu’il pouvait invoquer Allah en sa faveur à condition, une fois guéri, de croire en Lui. Le vieil homme accepta. Il recouvra la vue et prononça l’attestation de foi.

 

L’attestation de foi est-elle si cruciale ? Nos cartes d’identités indiquent que nous sommes musulmans mais, prononçons-nous cette attestation avec la conviction qui lui est due et sommes-nous prêts à mourir pour la faire répandre ?

 

Le vieil homme maintenant plein de foi et de vigueur prit à sa charge de faire face au roi. Il n’était pas de ceux qui pensaient que la foi consistait à prier, à jeûner et à éviter de commettre de mauvaises actions. Il avait un esprit positif. Les jeunes Musulmans de nos jours doivent agir de la sorte, contribuer à la réforme de leurs sociétés et ne pas se contenter de passer la majorité de leur temps dans les mosquées.

 

A la question du roi, l’ex-aveugle répondit : “Mon Seigneur m’a rendu la vue.” Le roi rétorqua : “Moi ?” L’ex-aveugle répondit : “Mon Seigneur et le tien, Allah.” La discussion continua entre les deux et l’homme fort satisfait d’avoir connu la bonne voie, voulait la faire connaître à tout le monde, quelles qu'en soient les conséquences. Ce n’était pas une décision facile mais il ne pensait pas seulement à jouir de sa vue retrouvée comme la plupart des gens auraient fait.

 

Le roi se mit à le persécuter jusqu’à ce qu’il avouât la présence de l'adolescent. Ce dernier fut amené devant le roi qui le félicita de son habilité en sorcellerie. Il voulait pousser l'adolescent à dire que ce qu’il accomplissait était de la pure sorcellerie. L’adolescent répondit : “Je ne guéris personne, c’est Allah qui guérit.” Le roi rétorqua : “As-tu un autre dieu que moi ?” L'adolescent répondit : “Mon Seigneur et le tien, c’est Allah, l’Unique.” Telle était la réponse d’un adolescent d’une quinzaine d’années !

 

Le roi se mit à persécuter l'adolescent jusqu’à ce qu’il avouât la présence du prêtre. Après tout, c’était un être humain qui a droit à l'erreur mais l’essentiel est de se relever de nouveau pour reprendre sa mission.

 

L’ex-aveugle et le prêtre furent convoqués tous deux auprès du roi et, devant l'adolescent, une scie fut plantée dans la tête du premier à qui on demanda de renier sa religion. Mais il refusa, attestant qu'il n’y a d’autre dieu à part Allah et la scie lui coupa la tête en deux. Puis ce fut le tour du prêtre à qui on demanda également de renier sa religion. Mais il refusa et attesta également qu'il n’y a d’autre dieu à part Allah. Il ne pouvait faire différemment, autrement, il aurait renié toutes les leçons qu’il avait données à l’adolescent. La survie de la religion d’Allah lui était plus chère que son âme. Il représentait les bons principes. 

Les Musulmans qui vivent en Europe doivent réaliser eux aussi qu'ils représentent l’Islam dans ces pays.

 

Sans y faire attention, le roi avait consolidé le prêtre dans ses principes en agissant ainsi en présence de l'adolescent parce que le prêtre savait qu’en reniant sa religion, l’adolescent risquerait de la renier également. Mais il s’obstina dans sa réponse et la scie lui coupa la tête en deux.

 

Malheureusement, il y a des jeunes hommes de nos jours qui n’arrivent même pas à faire l’effort de prier Al-Fadjr (prière de l’aube) en son temps et des filles qui continuent à avoir des relations amoureuses illégales ! Certains ne savent même pas pourquoi ils vivent dans ce monde.

 

A votre avis qui a triomphé, est-ce le roi ou le prêtre ? N’avons-nous pas dit que le pari portait à savoir qui réussirait à prendre la nouvelle génération en main ? Bien évidemment, c'est le prêtre qui l'a remportée. De toute façon, les deux sont morts mais l’un a fini en Enfer alors que l’autre a gagné le Paradis.

 

Avez-vous remarqué également que l’ex-aveugle qui était le confident du roi, était celui qui avait fait le plus grand sacrifice. Il était privilégié dans la cour et il pouvait vivre heureux et jouir de sa vue.

 

Ensuite le roi voulut tuer l'adolescent mais pas en public parce que les gens l’aimaient et auraient pris sa défense. Ainsi, il faut savoir que ceux qui se mettent au service des autres sont en sûreté. Il faut l’apprendre aux enfants. Le roi voulait tuer l'adolescent dans un endroit éloigné, mais ce dernier désirait faire comprendre aux gens que Allah est plus fort que le roi. Il connaissait à fond la valeur de l’attestation de foi, il vivait pour un objectif qu'il s'était fixé auparavant et était prêt à mourir pour l'atteindre.

 

Afin de ne pas attirer l’attention du peuple, le roi confia discrètement l'adolescent à quelques-uns de ses gardes en civil, avec pour mission de le jeter du haut de la montagne. Tout au long de la route, l’adolescent ne cessait de répéter ‘Il n’y a d’autre dieu à part Allah’ ; en plus de cette invocation à laquelle le Prophète (bpsl) avait recours en certaines circonstances de sa vie : “Ô Allah, protège-moi contre eux de la façon que Tu veux, Tu es l'Unique à réaliser tout ce que Tu veux.” Le Prophète (bpsl) dit en racontant l’histoire : “La montagne se mit à trembler et tous les gardes furent victimes d’une chute fatale à part l'adolescent.”

 

Il faut savoir que l’attestation de foi ‘Il n’y a d’autre dieu à part Allah’ est d’une valeur incomparable. Le hadith nous dit que le Jour de la Résurrection, elle peut faire basculer la balance en faveur d’un grand pécheur qui l’a prononcée ne fut-ce qu'une seule foi au cours de sa vie, mais avec ferveur.

 

L'adolescent rebroussa donc chemin en direction du palais royal sans chercher à fuir. Il essayait toujours d’atteindre son objectif. Tout au long du chemin, il répétait ‘Il n’y a d'autre dieu à part Allah’. C’était sa façon de secouer les gens afin qu’ils surmontent leur crainte de la personne du roi. Il tenait, aussi jeune qu'il était, à leur faire comprendre qu’il n’était pas un sorcier. 

A sa vue, le roi lui demanda où étaient ses compagnons et il répondit avec confiance : “Allah m’a préservé d’eux.” Le roi le confia encore une fois à des gardes avec l’ordre de l'emmener en bateau et de le jeter en pleine mer. Une forte tempête eut lieu, le bateau sombra, les gardes furent noyés et l'adolescent retourna sain et sauf chez le roi qui sans doute souhaitait le voir fuir. Il lui demanda de nouveau où étaient ses compagnons et il répondit : “Allah m’a préservé d’eux.”

 

L’adolescent décida alors de secouer les gens de leur torpeur, par sa mort. Il dit au roi : “Tu ne pourras jamais me tuer à moins de faire ce que je t’ordonne.” Les rôles ont changé et c’est lui à présent qui dicte ses ordres au roi. Il continua : “Assemble les gens, crucifie-moi contre un tronc de palmier, prends une de mes flèches, fixe-la sur l’arc et dit ‘Au nom d’Allah le Seigneur de l’adolescent.' 

 

Le roi troublé, exécuta les ordres de l’adolescent. La flèche partit de l’arc et toucha la joue de l’adolescent qui sourit en disant : “Il n’y a d’autre dieu à part Allah” et il rendit l’âme.

 

Il est mort pour le salut des gens et pour clamer que ‘Il n’y a pas de dieu à part Allah’. Êtes-vous capables, vous autres de faire de même ? Le silence régna quelques instants et la première à l’interrompre fut la mère de l’adolescent qui courut vers lui et le prit dans ses bras en criant ‘Il n’y a pas de dieu à part Allah’ et toute la foule de répéter ces paroles.

 

Le roi dit à ses gardes : “Creusez un grand fossé et mettez-y le feu. Laissez ceux qui renient la nouvelle religion et jetez ceux qui refusent.”

 

Cette histoire est réelle et elle eut lieu quarante ans avant la mission du Prophète (bpsl). Les gens main dans la main répétaient : ‘ Il n’y a pas de dieu à part Allah’ et avançaient vers le feu d’un pas ferme. Eux qui avaient encore peur quelques heures plus tôt, marchaient maintenant avec beaucoup d’assurance. 

 

Je me demande si chacun d’entre nous donne son dû à ‘Il n’y a pas de dieu à part Allah’ c'est-à-dire s’il essaye de réformer sa société et d'y faire répandre le bien.

 

Tous les gens de la contrée de l'adolescent furent brûlés dans le fossé et le Prophète (bpsl) décrivit la scène d’une mère qui avait hésité en serrant son bébé dans ses bras. Mais le bébé à l’instar de `Îssa Ibn Mariam (Jésus fils de Marie) parla et dit : “Mère, tu es dans le droit chemin, n’aie pas peur.” Elle dit : “Il n’y a pas de dieu à part Allah.” et se jeta avec lui dans le feu. Le roi dit à un des gardes : “Vois-tu comment je les ai asservis ?” Le garde répondit : “Tu as asservi leurs corps mais pas leurs âmes.”

 

Il a été dit que le nombre de morts fut de vingt et un mille et Allah a choisi cette fin triste pour trois raisons :

- Tout d'abord, cette histoire n’est pas finie, elle aura une suite le Jour de la Résurrection. Ce n’est qu’un chapitre.

- Ensuite, à travers cette fin tragique, une question se pose : devons-nous prendre en charge le Vrai et la mission dans le seul but de triompher par retour de cause, ou bien alors, devons-nous être missionnaires par simple principe ? Car le fait de répandre le Bien, d'essayer de réformer la société et de porter secours aux gens, sont un principe en soi.

- Il nous faut reconnaître enfin que l'attestation : ‘Il n’y a pas de dieu à part Allah’ est d'une valeur unique et singulière.

 

L'adolescent a triomphé du roi puisqu’il l’a obligé à suivre ses ordres et parce qu’il n’a pas cédé. Encore plus, il a gagné le Paradis. La sourate Al-Bourouj (Les Constellations) nous le dit.

 

La fin du roi n’a pas été heureuse non plus. Il n’avait plus de peuple, il commença à avoir des cauchemars la nuit et voyait ses pieds brûler. Les armées de l’Éthiopie chrétienne eurent vent de l’histoire et envahirent son pays. Il monta un jour sur son cheval et se jeta à la mer pour mourir.

 

Cette histoire est supposée donner de l’assurance aux jeunes qui doivent être fermes avec ‘Il n’y a pas de dieu à part Allah’ et l’espoir du Paradis dans le cœur.

 1] Al-Baqara (La Vache) :30


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