Récit Coranique: Episode 5: Les gens du fossé

Publié le par Mohammed Nadhir

Au nom d’Allah le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux, Seigneur de l’Univers et que Ses grâces et Sa paix soient accordées à Son Messager.

 

Nous avons jusque là soulevé quelques-uns des problèmes de la Oumma à travers deux des récits coraniques. Le premier fut celui de Habil et Qabil (Abel et Caïn), qui traite de différents types de l'âme humaine ; le second fut celui des propriétaires du verger qui met l'accent sur la nécessité de payer la Zakât et l’aumône et sur l'injustice sociale qui accable les malheureux et les démunis. 

Notre récit d’aujourd’hui présente de nouvelles perspectives. Il s'agit d'une longue histoire, réaliste, entremêlée d'événements troublants qui a fait l’objet d’une sourate intégrale, nommée Al-Bouroûj (Les Constellations). Le Messager d'Allah (Bpsl) a choisi de la raconter à la Mecque, à ‘Ali Ibn Abou Talîb, à Bilâl, à Souhaïb et à Soumaya (Agrément sur eux). Il me semble voir Ali Ibn Abou Talîb répliquer avec une lueur significative dans les yeux : "J'ai saisi la portée de tes paroles, Ô Messager d'Allah ! " 

Comme je souhaite que tous ceux qui écoutent ce récit disent à leur tour : "Nous avons bien assimilé ce à quoi tu fais allusion à travers ce récit coranique." 

A vrai dire, ce récit peut idéalement constituer une matière de scénario ; que n'eusse-je souhaité que les scénaristes qui assistent à cet épisode en fassent un film qui sera présenté aux quatre coins du monde. Car le Coran ne s’adresse pas exclusivement aux Musulmans. La preuve ? Le Coran commence par « Louange à Allah, Seigneur de l’univers » Sourate Al-Fâtiha (Prologue ou Ouverture) et se termine par : « Dis : «Je cherche protection auprès du Seigneur des hommes. » Sourate An-Nâs (Les Hommes). 

Localité de ce récit : 

Ce récit eut lieu à Nadjran sur la ligne frontalière entre l’Arabie Saoudite et le Yémen en l’an 523 (de l'ère chrétienne). C’est-à-dire 40 à 50 ans avant la mission du Prophète.

Les protagonistes de ce récit :

Un roi, un prêtre, un magicien, un adolescent de quinze ans, un nouveau-né, une mère, des soldats et le peuple. Le véritable héros n’est point l’adorateur, ni le roi, c’est bel et bien ce garçon de quinze ans, son nom n’est d’aucune importance, car le Messager d’Allah (bpsl) a volontairement omis de le désigner par son nom. Car ce qui suscite l'intérêt ce sont les actes de cet adolescent de 15 ans ; actes à travers lesquels, le Messager d ‘Allah (Bpsl), s’adresse à toute la jeunesse de la Oumma.  

   

La morale à tirer de ce récit :

· Les Musulmans doivent être des missionnaires ; car ils n’ont pas été créés sur terre uniquement pour subvenir à leurs besoins vitaux et matériels, autrement ils ne feraient pas partie du genre humain.

· Avoir pour objectif de faire prévaloir la vérité, même au détriment de sa propre vie. Faire face à la tyrannie sans violence ni agression mais avec sagesse et fermeté.

· La vie est courte ; c’est pourquoi, il faut vivre pour autrui ; en se consacrant au service des humbles ; et en s’abstenant de flatter les despotes. 

· Les médias ont double rôle : ils peuvent corrompre la société en dupant les gens et en les induisant en erreur ou bien ils peuvent régénérer la société en prenant les gens en main pour les guider sur la bonne voie. Notre récit renferme les deux faces d’une même monnaie.

Les événements :

Le roi : 40 ans avant la mission du Messager d’Allah (Bpsl), plus précisément en l’an 523 (de l'ère chrétienne), le Yémen était gouverné par un roi connu par sa tyrannie et son oppression. Il s’est de surcroît, érigé en dieu afin de camoufler les mauvais actes qu’il faisait subir à son peuple. Faible et sans défense, tout le peuple s’est résigné, tout le peuple a oublié qu’il n’y avait d’autre dieu qu’Allah, à part une seule personne… le prêtre

Le prêtre : un homme d’un certain âge, était le seul au courant des méfaits du roi. Il cherchait à trouver une solution aux problèmes que le roi avait provoqués. D’un côté, le peuple avait oublié l’existence d’Allah, l’Unique et d’un autre, il voulait restituer au peuple ses droits qui lui avaient été injustement ravis.

Des rumeurs ont commencé à circuler dans la ville, évoquant de grandes causes tels les droits violés, la justice absente, la religion négligée et l’unicité, jusqu’au jour où le roi arrêta un homme et lui infligea toutes sortes de supplices au point que ce dernier finit par avouer le nom du prêtre en question. Incapable de faire face au roi, et de défendre sa cause, ce prêtre préféra prendre la fuite. Le roi persuadé dans son for intérieur qu’il était faible, avait pensé à une chose inouïe afin que le peuple le craigne ; il a convoqué un magicien…

Le magicien : Pour essayer de sauver la situation, le magicien entreprit de fabriquer des ruses et des stratagèmes pour convaincre le peuple que le roi en était l’auteur, donc qu’il était leur dieu. Une fois de plus, les gens ont vite fait de le croire. Une fois de plus, ils ont oublié l’existence d’Allah (SWT).

Cependant, le roi se méfiait de ce magicien ; plus encore, il le détestait et cherchait à se débarrasser de lui car il était le seul à détenir son secret. 

Au fond, le magicien n’est qu’un symbole, il change de figure d’une époque à l’autre. Tantôt on le découvre dans l’art ; tantôt, ce sont les manchettes parues à la une dans les quotidiens ; par moments, ce sont les chaînes télévisées ; à d’autres ce sont les vidéoclips.

Essayez d’imaginez Bilâl, ‘Ali, Az-Zoubaïr, Talha… tous ceux-ci avaient le même âge que cet adolescent et ils écoutaient passionnément le Messager d’Allah (Bpsl). Le Messager d’Allah en faisant son récit, mettait l’accent sur le roi en même temps que sur le magicien comme pour leur faire comprendre qu’ils étaient des alliés ; et que le règne du roi persistait par les actes louches du magicien. 

Devenu âgé, le magicien qui n’est qu’un des moyens du média, demanda au roi de lui faire venir un garçon clairvoyant pour lui léguer les mystères de cette magie et continuer dans cette voie, afin que le roi préserve son trône. 

Le magicien requiert un adolescent intelligent c’est-à-dire une nouvelle génération afin que la corruption, l’intolérance, l’oppression et les impostures persévèrent au fil des générations. 

De son côté, le prêtre qui s’est esquivé et s’est installé en dehors de la ville cherchait lui aussi, quoique discrètement, quelqu’un qui lui servirait d’intermédiaire pour ramener les gens dans la bonne voie, la voie d'Allah et ce, avant de quitter ce monde.

L’adolescent : Sept ans se sont écoulés et les choses allèrent de mal en pis sous le règne de ce roi. Cet adolescent avait alors sept ans et il était très lucide. Il fut témoin de tous les évènements qui se produisirent. Lorsqu’il eut atteint ses quinze ans, le roi le fit venir chez le magicien qui lui apprit le métier.

Tous les jours, en se rendant chez le magicien, cet adolescent qui habitait aux alentours de la ville en raison du niveau misérable de sa famille, passait par la cabane du prêtre. 

Etrange coïncidence. Le magicien travaillait à corrompre la nouvelle génération ; le roi s’acharnait à tout prix à sauvegarder son trône ; mais Allah est le seul Régisseur. Le prêtre avait le vif désir de transmettre son message à cette même génération. Il a remarqué le passage quotidien de cet adolescent devant sa cabane. 

Qui donc va avoir gain de cause ? Est-ce le prêtre ou le magicien ? Qui va s’occuper de la future génération ? Qui va prédominer, sera-ce le Vrai ou le Faux ? 

Vous les jeunes, qu’allez-vous choisir ? Danser en écoutant les vidéoclips ? Ou bien choisirez-vous le Vrai et affronterez-vous l’injustice ? Choisirez-vous de vivre pour votre mission ? Qui parmi vous aimerait être à la place de cet adolescent ? Choisirez-vous de guider la nouvelle génération ? Le monde arabe dans son entité est actuellement un objet de pari par rapport aux grands pays. Celui qui a décidé de prendre la génération future en main pour la guider dans le droit chemin, dans le chemin d’Allah, sera le seul gagnant. Oubliez les bombes, oubliez les missiles, oubliez les dollars oubliez toutes les vaines séductions et pensez à l’avenir de votre Oumma.

La rencontre de l’adolescent avec le prêtre : un jour, en passant devant la cabane du prêtre pour se rendre au palais du magicien, l’adolescent tomba dans un fossé ; le prêtre saisit l’occasion et lui dit : «Fais-toi sortir de ce fossé par tes stratagèmes.» Puis il lui tendit la main et l’aida à s’en sortir en lui disant : « le magicien t’a appris l’illusion, alors que moi, je t’apprendrai le Vrai. » Afin de faire prévaloir la Vérité, le prêtre a risqué sa vie par cette initiative ; il avait la certitude que cet adolescent reviendrait chez lui.

Néanmoins, l’adolescent a agi avec prudence et sagesse, il s’est renseigné au sujet de ce prêtre avant de se rendre chez lui. 

Prenez garde vous autres les jeunes, méfiez-vous de suivre les gens extrémistes et de vous laisser guider par eux, renseignez-vous sur leur morale, sur leurs conduite et tendances avant de prendre une décision. Faites preuve de sagesse et de perspicacité à l’instar de cet adolescent.

L’adolescent a pris coutume de faire halte chez le prêtre le matin avant de se rendre chez le magicien et le soir en rentrant chez lui. L’adolescent n’hésitait point à poser des questions au prêtre qui ne se lassait point d’y répondre, car il a pris à sa charge de lui apprendre qu’il n’y a d’autre dieu qu’Allah ; que le roi n’est pas un dieu et que le magicien a abandonné sa religion contre quelques sous. Sa journée était bien chargée, il a appris la religion et la magie. Est-ce que la vie des jeunes d'aujourd'hui est aussi bien organisée ?

L’idée de dénoncer ce prêtre n’a jamais effleuré l’adolescent malgré son jeune âge. Gardez-vous vous autres, de délaisser votre religion, vos croyances et votre foi contre de l’argent ou contre quelques autres attraits. Ne vous laissez point tenter. Fixez-vous un objectif efficace qui puisse être rentable à votre pays.

L’adolescent entre le magicien et le prêtre : cet adolescent n’a pas de prodiges, il n’est pas un prophète. Il a constaté que le prêtre vivait en fugitif dans une cabane et lui apprenait le Vrai et l’Evidence alors que le magicien vivait dans un palais luxueux, possédait l’argent et le pouvoir et lui apprenait la magie.

J’aimerais souffler un mot à l’oreille des parents, apprenez à vos enfants à faire face à la vie, à assumer leur responsabilité, à découvrir le monde autour d’eux, faites qu’ils ne soient pas repliés sur eux-mêmes. Cet adolescent a vécu des contradictions, il a reçu le savoir de deux sources différentes, ce qui lui a permis d’acquérir un esprit large et une réflexion profonde.

A noter que le prêtre n’avait jamais dissuadé cet adolescent de se rendre chez le magicien, convaincu que par son bon sens, il allait choisir le Vrai.

Laissons à nos enfants la liberté du choix. Quoique l’oppression et la tyrannie soient manifestes et répandues, les jeunes armés, à l’origine, d’une bonne morale et d’une foi profonde, découvriront dans la profondeur de leurs âmes, la voie saine, celle de : « Il n’y a d’autre dieu qu’Allah. »

Le choix de l’adolescent : le Prophète (Bpsl) poursuivait : « tous les jours, l’adolescent recevait une correction tour à tour du magicien et de ses parents car il arrivait toujours en retard chez eux, en raison des quelques instants qu’il passait chez le prêtre. »

Le prêtre tenait à ce que l’adolescent passe chez lui le matin avant de se rendre chez le magicien pour lui consolider la foi et le soir pour le débarrasser des idées exécrables que le magicien lui aurait apprises. 

Le prêtre n’a pas interdit à l’adolescent d’écouter le Faux mais en même temps il l’a guidé vers le Vrai.

Ô vous les parents, si vous tenez à épargner à vos enfants de suivre la voie de l’extrémisme, de la terreur ou des drogues, apprenez-leur dès leur plus tendre âge la morale et les bonnes valeurs et laissez-leur la liberté du choix ; ils ne pourront plus dévier.

Un jour, l’adolescent en eut assez d’être maltraité par ses parents et par le magicien, il s’était plaint auprès du prêtre qui lui avait appris à être flexible sans avoir recours au mensonge. Signe évident qui prouve que le prêtre a réussi à guider favorablement les pas de cet adolescent. Ainsi se manifeste la réussite de tout prédicateur qui invite les gens dans la voie d'Allah. 

Le jour décisif ; le Vrai prend le dessus : l’adolescent est fatigué de devoir vivre cette lutte intérieure. Il a acquis de l’expérience mais Il n’a pas encore fait son choix. 

Il y a des jeunes gens, qui à l’âge de 20 ans, n’ont encore aucune expérience. Ils ne veulent pas reconnaître que, pour réussir dans la vie, il leur faut s’acharner au travail, être au service des gens ; mais avant de partir à la recherche de l’apogée, il leur faut consolider la foi.

Le Prophète (Bpsl) continuait son récit : « un jour que cet adolescent passait dans la rue, il entendit le rugissement d’un lion qui s’était mis en travers de la route et empêchait les gens d’avoir accès au puits pour s’approvisionner en l’eau. L’adolescent s’était dit : « Aujourd’hui je saurai lequel des deux est le mieux privilégié auprès d’Allah, le magicien ou le prêtre.» Il est arrivé à la certitude qu’en aidant les gens, Allah l’aiderait à connaître le Vrai.

Il a donc saisi une pierre en formulant un vœu : « Ô Seigneur, si tu favorises le prêtre, fais périr cette bête par cette pierre » ; puis il a jeté la pierre qui finit dans la gueule de la bête provoquant ainsi sa mort. Et les gens de s’écrier : « Ô ! Qu’il est formidable ce petit magicien ! Qu’il est formidable ce petit magicien ! »

Quant à l’adolescent, pour toute réaction, il n’a pu qu’attester « qu’il n’y a d’autre dieu qu’Allah » Ce fut un jour décisif pour lui. Il était parvenu à l’Evidence.

Ô mon fils ! Tu es aujourd’hui meilleur que moi ! De ce pas, l’adolescent s’est aussitôt précipité chez le prêtre, et lui a relaté cet incident ; ce dernier lui a dit : « Ô mon fils ! Tu es aujourd’hui meilleur que moi. » Bien évidemment le prêtre fait allusion à sa disponibilité à servir les gens du fait qu’il ne s’est pas tenu loin d’eux, c’est pourquoi il a ajouté : « Tu vas réussir, Allah ne t’abandonnera pas. » 

Au fait, cet adolescent n’a pas choisi de servir le roi, il n’a pas choisi non plus d’être avec le magicien ni de posséder de l’argent, il a tout simplement choisi d’être avec Allah…

Le prêtre de son côté a fait preuve d’intelligence et de sincérité quand il a dit ces mots à l’adolescent. Il savait que la bête, tout comme le roi barrait le chemin aux gens et les empêchait de parvenir au salut. Par son geste il pensait que cet adolescent était aussi capable de libérer les gens et de les débarrasser de la tyrannie.

Trouve-t-on un professeur qui dit à son élève : « Ô mon fils ! Tu es aujourd’hui meilleur que moi ?» 

Trouve-t-on un père qui dit à son enfant : « Ô mon fils ! Tu es aujourd’hui meilleur que moi ? »

Cela veut dire que cet élève et cet enfant ont bien assimilé ce que tu leur as enseigné. C’est finalement toi le gagnant.

Puis le prêtre a ajouté : « Tu vas être éprouvé, dans ce cas-là abstiens-toi de mentionner mon nom. » 

En effet, n'a-t-il pas choisi de vivre pour autrui et de faire face à la tyrannie ? N'a-t-il pas décidé de faire prévaloir la Vérité ? Il sera donc inévitablement éprouvé.

Est-ce la peur enfouie chez le prêtre ou l’élaboration d’un plan ? En ce sens que s’il arrivait quelque malheur à l’adolescent, il y aurait quelqu’un pour continuer dans ce chemin.

Ainsi prend fin la préparation de cet adolescent.


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